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COOPERATION DOUANIERE NIGER–NIGERIA : VERS UNE NORMALISATION STRATEGIQUE DU TRANSIT REGIONAL

Après plusieurs mois de crispations diplomatiques et de perturbations commerciales, Niamey et Abuja amorcent un réchauffement pragmatique de leurs relations. La signature de nouvelles mesures de coopération douanière vise à fluidifier le transit des marchandises, sécuriser les frontières et relancer les échanges, dans un contexte régional marqué par une recomposition des corridors logistiques au détriment du Bénin. 


C’est un signal fort envoyé aux marchés et aux opérateurs économiques de la sous-région. En s’accordant sur de nouvelles mesures douanières pour fluidifier le transit des marchandises et renforcer la sécurité frontalière, le Niger et le Nigeria engagent un début de normalisation stratégique, après des mois de tensions. Une détente aux effets immédiats sur les routes du commerce régional, alors que le Niger, contraint par la crise avec Cotonou, a déjà redessiné ses flux vers le port de Lomé, accélérant le décrochage économique du Bénin.

C’est un signal fort envoyé aux marchés et aux opérateurs économiques de la sous-région. En s’accordant sur de nouvelles mesures douanières pour fluidifier le transit des marchandises et renforcer la sécurité frontalière, le Niger et le Nigeria engagent un début de normalisation stratégique, après des mois de tensions. Une détente aux effets immédiats sur les routes du commerce régional, alors que le Niger, contraint par la crise avec Cotonou, a déjà redessiné ses flux vers le port de Lomé, accélérant le décrochage économique du Bénin. Niamey et Abuja amorcent un tournant décisif dans leurs relations douanières. À l’issue d’une visite officielle effectuée le vendredi 6 février 2026 à Abuja, le Directeur général des Douanes du Niger, le colonel Mohamed Yacouba Siddo, et son homologue de la Nigeria Customs Service, le contrôleur général Adewale Adeniyi, ont scellé de nouvelles mesures destinées à fluidifier le transit des marchandises et à renforcer la sécurité frontalière entre le Niger et le Nigeria.

Des mesures concrètes pour désengorger les corridors

Les accords paraphés prévoient une mise en œuvre rapide sur les principaux corridors d’échanges avec un accent particulier sur la levée du blocage de centaines de camions immobilisés dans l’État nigérian de Kebbi à destination du Niger. La coordination accrue entre administrations douanières et services de sécurité doit permettre des contrôles plus efficaces, des délais réduits et une sécurisation renforcée des flux transfrontaliers. Cette visite marque l’un des premiers déplacements officiels nigériens à Abuja depuis l’avènement du CNSP au pouvoir à Niamey. Le caractère protocolaire « tapis rouge » déroulé aux délégations, illustre une volonté partagée d’apaisement, dictée par des intérêts stratégiques réciproques tel que la redynamisation du commerce, la stabilité des frontières et la lutte coordonnée contre les trafics.

Mais au-delà du binôme Niger–Nigeria, cette détente rebat les cartes logistiques régionales. Les tensions persistantes entre le Niger et le Bénin ont déjà produit un choc économique notable pour Cotonou avec une baisse des volumes de transit historiquement à destination du Niger. En réponse, Niamey a diversifié ses débouchés, se repositionnant durablement vers le Port de Lomé, devenu hub alternatif pour l’acheminement des marchandises. Cette réorientation a fragilisé la chaîne portuaire béninoise, dépendante des flux nigériens et mis en lumière la vulnérabilité des économies de transit face aux chocs diplomatiques. À l’inverse, Lomé a capitalisé sur la continuité opérationnelle, renforçant sa place dans la logistique sahélienne.

En somme, l’accord douanier Niger–Nigeria constitue un jalon structurant pour le commerce Ouest africain. S’il consolide la coopération bilatérale et la sécurité frontalière, il souligne aussi une réalité économique implacable. Les routes du commerce suivent la stabilité et dans cette équation, Lomé a su tirer son épingle du jeu.


 
 
 

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