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JUSTICE

Justice communautaire et sanctions contre le Mali, un verdict tardif mais lourd de sens


Quatre ans après l’imposition de sanctions économiques et financières controversées, la justice communautaire de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) a tranché. Ce mercredi 28 janvier 2026, elle a condamné la Conférence des chefs d’État de l’Union pour les mesures prises à l’encontre du Mali, ouvrant un nouveau chapitre dans un dossier qui a profondément marqué la sous-région.


Le 9 janvier 2022, au lendemain de l’annonce des sanctions, les autorités maliennes avaient qualifié ces mesures « d’inhumaines, d’injustifiées et de discriminatoires ». Elles visaient notamment la fermeture des frontières, la suspension de certaines transactions financières et l’isolement économique du pays. Bamako estimait alors que ces décisions collectives faisaient peser un coût disproportionné sur les populations civiles, sans répondre aux défis politiques et sécuritaires invoqués pour les justifier.

Et tout comme pour réparer cette injustice qui aurait duré 4 ans, au travers de son verdict rendu ce 28 janvier 2026, la juridiction communautaire reconnaît que les sanctions ont eu des effets préjudiciables majeurs sur une économie déjà éprouvée par plus d’une décennie de crise sécuritaire et de lutte contre le terrorisme. Ralentissement des échanges commerciaux, tensions sur les prix des produits de première nécessité, difficultés d’accès aux financements régionaux. Les conséquences ont été profondes et durables, touchant en priorité les ménages et le tissu productif.

Une réhabilitation juridique et politique

Si la décision intervient tardivement, elle n’en demeure pas moins symboliquement forte. Elle vient réhabiliter sur le plan juridique, la position défendue par le Mali dès le début de la crise et interroge la légalité ainsi que la proportionnalité des instruments de sanction utilisés au sein des organisations régionales. Pour de nombreux observateurs, ce verdict constitue un rappel du rôle central du droit communautaire comme garde-fou face aux décisions politiques susceptibles de porter atteinte aux droits fondamentaux des peuples.

La question des réparations

Au-delà de la reconnaissance du tort causé, une interrogation majeure demeure. Qui réparera les préjudices subis par un peuple injustement sanctionné ? Si la décision de justice établit une responsabilité, elle ouvre également le débat sur d’éventuelles compensations économiques et sur la nécessité de mécanismes plus protecteurs pour éviter que de telles situations ne se reproduisent.

En définitive, ce jugement de la justice de l’UEMOA, aussi tardif soit-il, marque un tournant. Il rappelle que l’intégration régionale ne peut se construire durablement au prix de sanctions collectives aux effets dévastateurs et que la primauté du droit reste un pilier indispensable pour préserver la crédibilité et la légitimité des institutions communautaires.




 
 
 

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